Razzia sur le sable – Les Echos Planète – 23/04/2020

Il s’agit de la ressource naturelle la plus utilisée dans le monde.Au Cambodge, son extraction a provoqué une catastrophe environnementale.À Singapour, elle a permis à la ville de croître de 24%.Reportages croisés.

Un jet d’eau brunâtre s’élance vers le ciel. Il sort d’un tuyau constitué de morceaux de tube rouillés assemblés de façon grossière. Deux barils vides accrochés de part et d’autre lui permettent de flotter. Cette structure de fortune, reliée à une plate-forme en bois sur laquelle s’activent trois ouvriers torse nu et en tongs, est alimentée par deux moteurs de tondeuse à gazon qui émettent un bruit pétaradant. Elle aspire le sable au fond de l’estuaire, puis le rejette sur la berge. Une fumée noire et nauséabonde s’en échappe.

Au Cambodge, des mines à ciel ouvert

Elle se trouve à quelques mètres au large de Koh Kong, une petite cité cambodgienne nichée au bord d’une immense réserve naturelle abritant l’une des forêts de mangroves les mieux préservées d’Asie. Cette ville aux rues jonchées de déchets est devenue l’épicentre d’un vaste commerce de sable, dont les ramifications s’étendent dans toute l’Asie.

Cette matière générée par des siècles d’érosion provoquée par le vent, l’eau et les glaciers est la ressource naturelle la plus utilisée dans le monde. « Chaque année, il s’en consomme entre 40 et 50 milliards de tonnes », note Pascal Peduzzi, un géographe qui a réalisé une étude à ce sujet pour le Programme des Nations unies pour l’environnement. Une industrie qui pèse environ 200 milliards de dollars par an. Et elle est en pleine croissance, tirée par le boom de la construction en Asie. En Chine surtout. « Ce pays consomme 58% du sable extrait dans le monde, explique le chercheur. Entre 2011 et 2013, il a utilisé autant de ciment que les États-Unis durant tout le siècle dernier. »

Le développement rapide de cités tentaculaires comme Shanghai, Shenzhen ou Chongqing, les méga-projets comme le barrage des Trois-Gorges et les centaines de milliers de kilomètres de route posés par l’empire du Milieu ces vingt dernières années ont tous été alimentés à coup de sable. Il s’agit en effet de la composante principale du ciment, du béton, de l’asphalte et du verre. Autre géant asiatique en pleine croissance, l’Inde consomme elle aussi beaucoup de sable.

Mais si l’industrie de la construction absorbe 70% du sable extrait sur toute la planète – « de quoi construire un mur de 27 mètres de haut et de 27 mètres de large tout autour de l’équateur chaque année », précise Pascal Peduzzi –, il a aussi d’autres usages. Il sert à gagner des terres sur la mer, une pratique utilisée par de nombreux micro-États à l’étroit dans leurs frontières comme Singapour, Dubaï ou Hong Kong, à créer des digues sur les îles menacées par la montée des eaux, comme les Kiribati ou les Maldives, et à honorer les ambitions territoriales de Pékin, en rehaussant des îlots contestés en mer de Chine méridionale.

« Il existe également une série d’applications industrielles, comme la fracturation hydraulique de la roche pour en extraire du pétrole, la fabrication de puces informatiques et de panneaux solaires ou encore la production de papier de verre, de détergents, de cosmétiques et de dentifrice », détaille Pascal Peduzzi. Ces usages, qui absorbent 180 à 200 millions de tonnes de sable par an, nécessitent une variété à base de silice, caractérisée par sa couleur presque blanche et sa grande finesse.

En général, cette ressource n’est pas exportée sur de grandes distances, car ce ne serait pas rentable au vu de son faible prix (entre 5 et 10 dollars la tonne). La majeure partie du sable extrait en Chine et en Inde est consommé sur place. Une poignée de petits pays asiatiques, à l’image du Cambodge, du Myanmar, du Bangladesh, du Sri Lanka ou des Philippines, en ont toutefois fait une industrie d’exportation. Un choix qui n’a pas été sans conséquence pour leurs habitants et leurs écosystèmes.

Les entreprises minières sont arrivées dans la région en 2008. « Elles se servaient de grues pour ramasser de grandes poignées de sable au fond de l’eau et les déverser dans une barge  », explique Thun Ratha, un militant de Mother Nature, une ONG locale qui lutte contre les effets de cette industrie. Celle-ci parcourait ensuite les quelques kilomètres qui nous séparent de la mer pour amener le sable vers un plus gros navire, capable de transporter 30 000 ou 40 000 tonnes, d’où il était exporté vers d’autres pays.»  Certains jours, plus de 50 grues opéraient dans cette zone.« Normalement, le fond de l’eau ne dépasse pas les 2 mètres par ici, mais de nombreux tronçons de la rivière sont désormais profonds de plus de 10 mètres, précise le jeune homme au regard perçant surmonté d’une touffe de cheveux bouclés. Des bancs de sable entiers ont disparu, même de petites îles. » L’eau salée s’est mise à pénétrer dans les mangroves. Les arbres morts renversés, aux racines blanchies par le sel, qui jonchent la berge en témoignent. « La rive a reculé de 10 à 15 mètres à certains endroits », se désole le militant.

L’extraction a en outre réduit les quantités de sable qui arrivent en haute mer, charriées par les rivières de Peam Krasaop. Cela a eu pour effet de faire avancer de 390 mètres une barrière naturelle de sable longue de quatre kilomètres qui protège toute la région contre l’érosion et les typhons, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le village de Koh Sralao apparaît au détour d’un bras de rivière. Il est composé de maisons sur pilotis surmontées de toits de tôle et reliées par des pontons en bois. La plupart n’ont que trois parois : la dernière face donne sur l’eau, afin de permettre aux pêcheurs de charger et de décharger rapidement leurs pirogues. Le sol est recouvert de paniers à crabes, de filets de pêche et de crustacés qui sèchent au soleil. Soudain, l’appel à la prière retentit, relayé par un haut-parleur grésillant accroché à un pylône en bois. Près de la moitié des habitants du village appartiennent à une minorité musulmane d’origine malaise.Durant la période des Khmers rouges, les villageois cultivaient du cannabis, exporté et vendu en Thaïlande. Mais avec la chute de ce régime, le Cambodge a adopté une politique plus stricte envers la drogue et les habitants de Koh Sralao se sont mis à la pêche au crabe.

Mot Sopha, une petite dame de 33 ans, portant une jupe traditionnelle jaune et un pull orné du slogan « It’s awesome », se remémore l’arrivée des mineurs : « Les barges sont apparues un jour et personne ne nous a expliqué ce qu’elles faisaient ici, dit-elle. Un peu plus tard, un homme est venu et a pris les empreintes digitales de tous les membres du village. Il nous a dit que les entreprises d’extraction de sable avaient le droit d’opérer dans cette zone et que cela ne servait à rien de protester. » On leur promet un hôpital, une route et une école qui ne se matérialiseront jamais. Au début, perplexes, les habitants de Koh Sralao se contentent d’observer l’étrange ballet de grues et de barges qui se déroule juste devant leur village. Mais très vite, ils se rendent compte que quelque chose ne tourne pas rond. « Avant leur arrivée, je ramenais trois filets remplis de crabes chaque jour, ce qui me rapportait 25 dollars environ, détaille son mari, Pen Sophany, 36 ans, vêtu uniquement d’un short vert du FC Barcelone. Aujourd’hui, je dois déployer dix filets et cela ne me permet pas de gagner plus de 20 dollars. »

À Koh Sralao, cela a eu un impact dévastateur sur la communauté. « Nous gagnons moins d’argent et avons dû acheter plusieurs nouveaux filets, à 60 dollars la pièce, détaille Mot Sopha. Cela nous a obligé à emprunter 500 dollars. » Les prêts sont fournis par des villageois fortunés à des taux d’intérêt exorbitants, qui peuvent atteindre 30%. « La saison suivante, nous avons de nouveau dû emprunter 500 dollars, juste pour pouvoir repayer les traites. C’était comme un cercle vicieux. Mes enfants ont dû arrêter l’école pour se mettre à la pêche. » .À plusieurs reprises, la situation s’est tendue. Les habitants de Koh Sralao ont tenté de faire partir les mineurs en les pourchassant avec leurs pirogues, notamment après le décès de l’un des leurs, lorsque son embarcation est entrée en collision avec une barge. En désespoir de cause, une partie des villageois a quitté la communauté : 100 des 300 familles de Koh Sralao sont allées chercher du travail en ville. Mot Sopha et son mari ont eux aussi pensé à émigrer en Thaïlande, mais ils y ont finalement renoncé. « Nous ne savons rien faire d’autre que la pêche, soupire-t-elle. Nous n’aurions jamais trouvé d’emploi. »

Sok Ngat, une femme au visage buriné par le soleil et au regard doux, espère toujours quitter le village, une fois qu’elle aura remboursé les 2 000 dollars qu’elle a dû emprunter. « J’ai tout perdu, livre-t-elle en passant un foulard sur ses yeux qui se sont embrumés. Mon mari, qui avait des problèmes de cœur depuis treize ans, vient de mourir car je n’avais plus assez d’argent pour lui acheter des médicaments. » Deux de ses quatre enfants sont déjà partis. Lorsqu’on remonte la rivière en direction de Koh Kong, la première chose qu’on aperçoit, c’est un immense pont sur pilotis. Il mène de l’autre côté de l’estuaire, vers la frontière thaïe. La nuit, les lumières d’un grand casino, à sa droite, se reflètent dans l’eau. Ces deux structures appartiennent à Ly Yong Phat, un sénateur affilié au parti de l’autoritaire Premier ministre cambodgien Hun Sen. Il possède un véritable empire économique. Né à Koh Kong en 1958, il a fondé le groupe L.Y.P, un conglomérat qui exploite des hôtels, des plantations de sucre et de caoutchouc, un parc safari et des projets immobiliers.

Ly Yong Phat, un homme au visage carré avec un faible pour les cravates fantaisie, domine également la filière du sable à Koh Kong. Il a obtenu des concessions de la part du ministère des Mines et de l’Énergie l’autorisant à effectuer des extractions dans les rivières Sre Ambil, Koh Por et Ta Tai, selon un rapport de l’ONG Global Witness. Cela comprend les cours d’eau entourant le village de Koh Sralao. En signe de reconnaissance, celui qu’on surnomme « le roi de Koh Kong » a fait don en 2016 d’un terrain au cœur de la capitale destiné à construire un mémorial haut de seize étages à la gloire de l’homme fort du Cambodge. Deux autres firmes proches du pouvoir se trouvent au cœur de l’industrie du sable. La première, Mong Reththy Group, appartient au sénateur Oknha Mong Reththy, lui aussi membre du parti de Hun Sen. La seconde, Udom Seima Peanikch Industry, a compté deux filles du Premier ministre, Hun Mana et Hun Maly, parmi ses actionnaires de 2009 à 2011, selon des documents officiels que nous avons pu consulter.

Ce n’était pas la première fois. « J’ai dû déplacer ma maison quatre fois vers l’intérieur des terres, car les berges se sont déjà effondrées sur plus de 20 mètres, livre-t-elle. Elle ne fait plus que 3 mètres de large. » Sa demeure est désormais collée à une grande route. Une dizaine de maisons ont subi le même sort à S’ang. Une portion de la route est même tombée dans la rivière. Vu du ciel, la berge semble avoir été croquée par un géant. Au milieu de la rivière, à une dizaine de mètres des habitations, une plate-forme munie d’un tuyau aspire du sable au fond de l’eau. Il y en a plusieurs autres le long de la rive. « Elles sont arrivés à l’été 2016, indique Ly Raksmey, un militant de Mother Nature. Le sable alimente un chantier à quelques kilomètres d’ici, qui va servir à construire des logements pour les fonctionnaires. » Lorsqu’on extrait du sable au milieu d’une rivière, cela en accélère le flux, ce qui favorise l’érosion des berges et les inondations en aval.

À S’ang, la colère gronde. « Je n’ai reçu aucune compensation financière de la part de l’entreprise minière, s’emporte Seak Ky. On m’a dit que l’effondrement de ma maison était une catastrophe naturelle. » Depuis juin, les résidents descendent régulièrement dans la rue pour protester. En août, trois villageois ont été arrêtés et sommés de se présenter devant un tribunal, accusés de rassemblement illégal et de destruction de propriété privée. La contestation avait pourtant été pacifiste. Au Cambodge, l’un des pays les plus despotiques d’Asie, il ne fait pas bon s’opposer aux intérêts des proches du gouvernement. En 2015, trois membres de Mother Nature ont passé dix mois en prison pour avoir pris part à une manifestation contre l’extraction de sable à Koh Kong. Thun Ratha raconte avoir été menacé à plusieurs reprises par les autorités. « Mes amis et ma famille ne me parlent plus car ils ont trop peur d’être associés à une organisation opposée au gouvernement », dit le jeune homme qui arbore un tee-shirt avec le visage de Kem Ley, un activiste cambodgien abattu en 2016.

A Singapour, une consommation démesurée

Cette volonté de tuer toute contestation dans l’œuf s’explique par les montants en jeu. Si une partie du sable extrait au Cambodge sert à alimenter le marché immobilier de Phnom Penh, où les tours de verre et les appartements de luxe poussent comme des champignons, l’immense majorité est vendue à l’étranger. En 2016, le Cambodge a exporté 7,4 millions de tonnes de sable, selon Comtrade, oranisme statistique des Nations unies. Singapour en a absorbé 89%. Le reste est allé en Chine, aux Philippines, au Japon, aux Maldives et en Corée du Sud. Taïwan, qui domine la fabrication mondiale de puces informatiques, a aussi importé 535 000 tonnes de silice cambodgien.

Le pays a pourtant déclaré une série de moratoires sur l’exportation de sable, mais ils sont incomplets: un premier en 2009 ne portait que sur l’extraction à partir des rivières; un second décrété en novembre 2016 et confirmé en juillet exclut le sable de silice. Ces moratoires sont aussi régulièrement bafoués. Après celui de 2009, L.Y.P Group, Udom Seina et Mong Reththy Group ont tous obtenu de nouvelles concessions les autorisant à extraire du sable de rivière. Celui décrété en juillet ne semble guère avoir eu plus d’effet. Les villageois de Koh Sralao disent avoir vu des barges extraire du sable durant la nuit ces derniers mois. Celui-ci serait exporté illégalement sur des camions qui passent les frontières terrestres avec la Thaïlande ou le Vietnam, moyennant un pot-de-vin, selon Mother Nature. Sur la plate-forme d’e-commerce Alibaba, on trouve en outre plusieurs annonces, mises en ligne par une entreprise vietnamienne appelée AB Trading, proposant d’acheter du sable de rivière cambodgien.

Signe du flou qui règne autour des exportations de sable cambodgien, les statistiques des douanes sont remplies de discordances. Entre 2007 et 2015, le pays a vendu 16,2 millions de tonnes de sable à Singapour, selon le ministère des Mines et de l’Énergie. La statistique officielle de Singapour évoque pourtant 73 millions de tonnes. Rien qu’en 2016, les douanes cambodgiennes ont annoncé avoir exporté 14 800 tonnes de sable vers Singapour, alors que cette dernière indique en avoir reçu 6,6 millions de tonnes, soit 443 fois plus. De même, le Cambodge jure n’avoir exporté que 28 900 tonnes de sable vers Taïwan entre 2010 et 2016, alors que cette dernière dit en avoir importé 1,7 million de tonnes. À 1 000 kilomètre au sud de là, les trois tours du Marina Bay Sands se détachent nettement contre le ciel bleu de Singapour. Elle sont surmontées d’une sorte de navire qui semble s’être échoué là, dans les cieux. Il abrite une piscine vertigineuse et un bar. Cela donne à ce complexe composé d’un hôtel, d’un casino et d’un mall un air de vaisseau spatial futuriste.

Juste devant, un bâtiment en forme de lotus blanc héberge un musée du design. Deux pavillons de verre hexagonaux posés au milieu de la baie contiennent des boutiques de luxe. De l’autre côté du Marina Bay Sands, un immense jardin botanique s’étend jusqu’à la mer. On y trouve une forêt vierge abritée sous un dôme transparent et des jardins verticaux accrochés à de gigantesques baobabs en métal. Ce front de mer, qui n’a été achevé qu’en 2012, a été entièrement construit sur des terres reprises à la mer. C’est le cas d’une bonne partie de cette ville-État de 5,7 millions d’habitants. Depuis son indépendance en 1965, elle a crû de 24%, passant de 582 à 719 km2 grâce à des travaux de poldérisation. Elle prévoit de grandir encore de 56km2 d’ici 2030.

Très vite, cela n’a plus suffit. « Dès le milieu des années 80, nous avons dû commencer à importer du sable de nos pays voisins », dit-il. De Malaisie, d’Indonésie et du Vietnam, d’abord. Mais l’ampleur de ce commerce fut telle, et ses effets sur l’environnement si dévastateurs, que ces trois pays l’ont interdit en 1997, 2008 et 2010, respectivement. « Nous avons tant importé de sable d’Indonésie que plusieurs îlots de l’archipel des Riau, situés juste au large de Singapour, ont disparu », glisse Charles Lim. Singapour s’est alors reportée sur le Cambodge, qui est devenu son fournisseur numéro 1. L’État s’est mis à acheter du sable cambodgien à une série de fournisseurs agréés. Parmi ceux-ci figurent Riverton Group et Winton Enterprises, deux firmes singapouriennes qui ont conclu des contrats d’extraction dans la région de Koh Kong avec le groupe du sénateur cambodgien Ly Yong Phat.

Les quantités en jeu sont pharaoniques et ne cessent de croître. Si, en 2008, la cité du Lion a importé 14,2 millions de tonnes de sable, ce chiffre s’est élevé à 35 millions de tonnes en 2016. Cela fait de Singapour le plus important importateur de sable au monde. Cet or blond est stocké sous forme de gigantesques dunes non loin de l’aéroport. Surveillées 24 heures sur 24 par des gardes armés et dissimulées derrière un fil barbelé haut de plusieurs mètres, ces réserves sont considérées comme un « bien stratégique » par les autorités de la ville portuaire. Mais l’étau se resserre : avec la mise en œuvre du moratoire décrété par le Cambodge en juillet, la métropole sera bientôt à court de sable. « Elle est obligée de se fournir toujours plus loin, relève George Boden de Global Witness. Le Bangladesh et le Myanmar sont désormais perçus comme des sources potentielles. » Le second a déjà commencé à livrer du sable à Singapour – 780 000 tonnes en 2016, selon les chiffres des douanes.

Tout à l’ouest de Singapour, le chantier du port de TUAS est en pleine effervescence en ce samedi de septembre. Une fois achevé, en 2040, il pourra traiter 65 millions d’unités de fret par an. À titre de comparaison, la capacité du port de Rotterdam s’élève à 10 millions d’unités. Une fine langue de terre recouverte d’une épaisse couche de sable s’élance dans la mer, comme un long serpent blond. Plusieurs pelleteuses s’activent à sa surface, charriant du sable prélevé dans des barges amarrées juste au large de ce nouveau morceau de territoire singapourien, comme autant de fourmis industrieuses. Cette terre est composée de glaise. « Et celle-ci doit être essorée, un peu comme une éponge qu’on presserait pour en retirer l’excédent d’eau, détaille Chu Jian. Cela se fait en plaçant une lourde couche de sable par-dessus et en installant des tuyaux de drainage qui permettent au liquide de s’échapper. ». Sous la glaise se trouve une autre couche de roche et de sable. Pour la déposer, Singapour teste une nouvelle méthode développée par le groupe belge DEME qui, aux côtés de son compatriote Jan De Nul et du néerlandais Van Oord, a réalisé plusieurs projets de poldérisation à Singapour.

Source : Razzia sur le sable – Les Echos Planète

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