Demain, préférerons-nous les campagnes aux villes ? – Futura Sciences – 25/05/2020

Tous les témoignages se rejoignent. Il est plus difficile de vivre une période de confinement en ville qu’à la campagne. Ainsi, la pandémie de Covid-19 a déplacé beaucoup de citadins vers les zones plus rurales. Un phénomène éphémère ou qui s’inscrira dans la durée ? La question est d’autant plus posée que des éléments contradictoires alimentent la réflexion.

À l’annonce d’un confinement imminent lié à la crise du coronavirus, de nombreux citadins ont littéralement fui la ville. Plus d’un million d’habitants de l’Ile-de-France. Près de 20 % des Parisiens, notamment. Dans les semaines qui ont suivi, les professionnels de l’immobilier ont observé un glissement des demandes : une hausse pour les maisons de campagne avec jardin, une baisse pour les appartements en pleine ville.

La peur de la contamination dans ces mégapoles dans lesquelles la distanciation sociale est difficile ? L’anticipation de l’inconfort de se retrouver enfermé entre quatre murs pendant plusieurs semaines ? Sans doute un peu des deux. Alors, comment cette crise sans précédent fera-t-elle évoluer notre regard sur la ville ? Qu’en sera-t-il après le confinement ? Difficile à prédire. Mais l’on peut avancer quelques éléments de réflexion.

La campagne devient accessible

À y regarder de plus près, l’envie de mise au vert des Français semble ne pas réellement dater du confinement. Mouvement des gilets jaunes, grèves des transports, prix de l’immobilier, canicules. Depuis fin 2018 déjà, de plus en plus de citadins expriment un désir de campagne. Une envie réactivée par la crise. Le marché de l’immobilier le montre.

Le véritable changement qu’introduit le confinement, c’est la popularisation du télétravail. Avant, il ne concernait que 3 % des salariés. Au plus fort de la crise sanitaire, il touchait 30 % d’entre eux. L’obligation de vivre dans les métropoles qui concentrent toujours 60 % de l’activité économique est moins prégnante. Vivre à la campagne peut désormais se transformer en projet de vie.

Et avec le développement des accès internet, les démarches en ligne et les communications virtuelles deviennent possibles de partout. Mais les citadins seront-ils prêts à bouleverser leur vie sociale ? À supporter le chant du coq, les cloches des églises et les tracteurs sur les routes ? Cette période de confinement ne nous aura-t-elle pas, au contraire, appris que rien ne remplace vraiment le plaisir du partage « physique », le plaisir de travailler et de vivre ensemble ?

Pendant le confinement, nombreux sont ceux qui ont remplacé les relations sociales par des relations virtuelles. Mais ces nouvelles habitudes remplaceront-elles durablement le vivre ensemble ? © Kristen, Adobe Stock
Pendant le confinement, nombreux sont ceux qui ont remplacé les relations sociales par des relations virtuelles. Mais ces nouvelles habitudes remplaceront-elles durablement le vivre ensemble ? © Kristen, Adobe Stock

La ville, toujours attrayante

En ville, c’est certain, l’offre de services tout comme l’offre culturelle sont sans égales. Les bars et les restaurants accueillent les amis jusqu’à tard dans la nuit. Mais ressurgit alors le risque sanitaire d’une contamination par le coronavirus ou un autre car, maintenant, le risque est présent à nos esprits…

Notons tout de même que si les villes ont été durement touchées par le coronavirus, les régions périurbaines n’ont pas forcément été épargnées. Une étude de la Banque mondiale suggère même que la densité de population n’influe pratiquement pas sur le taux d’infection. Plus que la typologie du lieu de vie, ce sont les pratiques sociales, la manière de vivre l’espace et le degré de mixité — promiscuité, rassemblements, mobilité, etc. — qui semblent impacter le plus la contamination.

Ajoutons à cela qu’après cet épisode malheureux, les villes pourraient chercher à devenir plus agréables, plus humaines. Plus respirables grâce à des zones piétonnes agrandies et à des pistes cyclables élargies. Le confinement nous aura peut-être montré que la démesure et la mondialisation ont leurs limites. Et finalement, on s’aperçoit que c’est justement dans les villes de taille moyenne — de l’ordre de 50.000 habitants — que les candidats au déménagement cherchent à se reloger. Des villes proches des grandes agglomérations.

Source : Demain, préférerons-nous les campagnes aux villes ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.