Ce que les Socio-Anthropologues ont à nous dire sur la façon d’aborder les mondes inconnus du Covid 19 – Linked In -18/05/2020

Le contexte du covid-19 est un “fait social total » pour reprendre la formule de Marcel Mauss, le père de l’anthropologie française. Beaucoup de membres de notre réseau :anthropik mènent actuellement des terrains avec des administrations, des ONG, des entreprises ou avec des réseaux sociaux, à leur échelle, pour tenter de capturer ce fait social dans ses dimensions matérielles, sociales et symboliques.

Cela n’arrive pas souvent dans la vie d’un anthropologue d’approcher un fait social total et encore moins de chez lui 🙂

La force de l’anthropologie depuis ses origines, c’est de savoir se repérer dans un monde inconnu. Autrefois c’était les sociétés exotiques. Maintenant ce sont les événements inattendus qui naissent de la mondialisation, dont les grandes pandémies, qui nous amènent à réinterroger le sens de notre vie quotidiennes, de nos institutions et du fonctionnement de nos sociétés.

Face à ces incertitudes, aucun des socio-anthropologues de notre réseau ne se propose d’émettre aujourd’hui une vérité figée sur ce qui se passe ou des prédictions sur ce qui va se passer. Nous cherchons avant tout à décrire ce qui émerge pour comprendre comment mieux agir.

Beaucoup d’acteurs économiques s’expriment sur ce que nous vivons et allons vivre. Ce sont des éclairages utiles étant donné l’ampleur du phénomène. C’est le moment de prendre plus directement la parole pour rappeler les piliers de notre expertise, même si ces piliers sont parfois perçus comme en tension avec le rythme des projets et les contraintes immédiates du top management. 

Si vous recherchez des expertises anthropologiques pour comprendre comment les structures de la société changent (ou pas) pendant et suite à cette crise, en tant que commanditaire voici ce que peut vous apporter une approche qualitative socio-anthropologique : 

  • Une étude socio-anthropologique peut prendre plusieurs formes, il n’y a pas de dogmes méthodologiques, ni une seule façon de faire ; 
  • En revanche, la valeur de notre terrain est primordiale : comment les personnes sont interrogées, comment les lieux observés sont sélectionnés. En situation incertaine la méthode d’échantillonnage est à réinventer. Sa constitution doit être accompagnée d’une réflexion sur les populations d’enquête, les manière de la sélectionner et d’interagir avec les interviewés et tout particulièrement par l’intermédiaire d’Internet, la photo et le film. Nous mobilisons des manières plus alternatives de recruter : de proche en proche, sur le terrain, sur les réseaux sociaux, ce qui assure un échantillonnage représentatif et un retour d’expérience riche.
  • Le regard anthropologique peut se résumer à l’évaluation des écarts entre ce que je pense, je dis et je fais, entre ma culture et celle de l’autre, entre les échelles d’observation. Et ça demande une certaine expertise.
  • L’analyse prend du temps ou du moins plusieurs temps d’appropriation. Comme toute science, les vérités mettent du temps à émerger. Et elles restent falsifiables. Cela demande d’accepter un temps du terrain qui peut être un peu plus long que les tests qualitatifs habituels.
  • Un temps plus long d’étude qui peut se compenser par des protocoles de restitution d’insights plus agile que la restitution finale sous powerpoint : vidéos, écoute live des entretiens, participation au terrain, échange intermédiaire avec les enquêteurs. 
  • En ces temps de changements, le déclaratif, les projections sont plus difficiles à appréhender. Nous avons vu émerger beaucoup d’enquêtes d’opinions sur le sujet du « monde d’après ». C’est un premier pas pour sonder la manière dont bougent les représentations, mais qui reste insuffisant pour décrypter en profondeur les transformations.

Il nous semble primordial de réinterroger aussi les pratiques, même si elles ne sont guère enchantées. 

Si vous souhaitez entrer en contact avec des Socio-anthropologues, contactez-nous directement ou par la page Linkedin ou par le site :anthropik (www.anthropik.org)

Co-signataires de cet article :

Laurence Bertea-Granet :  LBerteaGranet@harrisinteractive.fr

Sophie Alami INTERLIS : interlis.france@gmail.com

Dominique Desjeux : d.desjeux@argonautes.fr

Séverine Enjolras : s.enjolras@gmail.com

Mathilde Lebrun : mathilde@teritori.fr

Maya Leclercq : mayaleclercq.ml@gmail.com

Daphné Marnat : daphne@twisting.fr

Audrey Valin : audreyvalin@ymail.com

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