COVID-19 : 5 manières de favoriser la vitalité sociale, commerciale et culturelle de nos quartiers – La Pépinière – 05/05/2020

Si vous avez fréquenté un parc la fin de semaine passée, vous avez peut-être été frappé par un semblant de normalité. Pourtant, la grande majorité des gens avait en tête la pandémie et respectait les consignes de distanciation. « Oui les parcs de Montréal étaient pleins en fin de semaine mais les gens dans l’ensemble respectaient la règle de distanciation et se sont assez bien comportés », explique l’inspecteur André Durocher du SPVM.

Oui, la vie dans les espaces publics est possible cet été! “La distanciation a bien meilleur goût” dans les espaces vastes et la convivialité des parcs. Et il faudra plus d’espaces du genre pour permettre aux gens de tous les quartiers de bien vivre l’été.

On pensait qu’avec l’annulation des grands festivals jusqu’à la fin août, la possibilité de profiter de l’été serait compromis. Au contraire, on observe presque l’inverse dans les villes en déconfinement : toute activité qui peut se tenir à l’extérieur en maintenant les distances devrait être encouragée.  “Please, go outside : COVID-19 much less likely to spread outdoors« 

Voici donc 5 pistes pour assurer la vitalité sociale, commerciale et culturelle de nos quartiers, tout en encadrant les mesures sanitaires.

  1. De grandes terrasses publiques et des comptoirs de quartier dans les parcs

L’idée de faire de nos villes d’immenses terrasses et cafés à ciel ouvert est emballante et nécessaire pour nous permettre de passer l’été et de réorganiser la vie des quartiers avec la distanciation physique. Si l’idée est surtout soulevée et appliquée pour les rues commerciales des quartiers centraux, elle pourrait également s’étendre aux parcs de quartier, qui sont des endroits plus vastes, naturellement agréables et plus frais.

Ces grandes terrasses dans les parcs pourraient servir successivement de café pour travailler, d’aire de pique-nique, de salle à manger pour du « à emporter », puis de buvette en soirée. Ces lieux pourraient devenir nos espaces de diffusion de petite échelle pour ne pas que la culture s’éteigne. Et la création de “comptoirs de quartier” pourrait donner une vitrine aux commerçants locaux.

Un lieu de vie convivial tout en gardant ses distances © La Pépinière

Un lieu de vie convivial tout en gardant ses distances © La Pépinière

La distanciation de 2m est quelque chose qui se fait beaucoup plus naturellement quand il s’agit de profiter d’un parc ou d’y pique-niquer. Garder ses distances pour ne pas trop être dans la bulle des autres y était déjà assez naturel. Cela est toutefoist beaucoup moins intuitif sur une rue commerciale, et plus compliqué à faire en marchant. C’est peut-être pour ça que l’achalandage dans les parcs en fin de semaine a pu surprendre, comme si les choses étaient restées à la normale, alors que la majeure partie des gens respectaient les consignes sanitaires. Les vastes espaces qu’offrent les parcs permettent de se déconfiner en toute convivialité. Il faut démultiplier ce type d’espaces.

2. Créer de nouvelles places, parcs et plages temporaires

Cette première fin de semaine à saveur estivale nous a démontré qu’il y aura un énorme besoin d’espaces pour sortir cet été. “La pression sur l’espace public va être d’autant plus forte que les espaces sociaux “intérieurs” seront rares

Au-delà des parcs existants, il faudra être ingénieux pour créer des pop-up parcs, places ou plages. Se réapproprier des terrains sous-exploités et les valoriser pour le grand public, comme les parvis d’églises ou de bibliothèques, les cours d’écoles, les terrains de sports (qui occupent parfois la majeure partie de l’espace de certains parcs), les friches ou les grands stationnements. Il faudra miser sur des installations légères et faciles à déployer (mais pas pour autant cheap) pour démultiplier rapidement les espaces de convivialité. On peut notamment penser sortir les nombreuses tables de pique-nique qui sont habituellement utilisées pour les festivals. Ou sortir les arbres qui poussent dans les pépinières de la ville.  « C’est le temps d’être imaginatif et de créer de nouveaux lieux communs, agréables à vivre en été même en temps de pandémie » Christian Savard

Paris Plage : une série d’interventions légères pour dépayser les citadins

Paris Plage : une série d’interventions légères pour dépayser les citadins

Et il faudra penser à chaque quartier, notamment les plus denses ou défavorisés, là où on retrouve des logements plus petits, avec un accès restreint à l’extérieur ou dépourvus d’air climatisé. Les bons espaces publics seront primordiaux pour offrir des îlots de fraîcheur pour la population durant l’été chaud.

3. Assumer l’expérience de cuisine de rue à grande échelle

Même dans les villes où les restaurant peuvent rouvrir, on assiste à une généralisation du service au comptoir et à emporter. De l’avis de nombreux restaurateurs, le service aux tables sera difficilement envisageable, et le service pour emporter est le plus adapté au contexte. “Many restaurants opened their dining rooms at the mandated 25% capacity on May 1, but many others have chosen to stick with takeout.”

Les commandes à emporter sur des grandes terrasses publiques pourraient rendre l’expérience plus conviviale. On pourrait voir une recrudescence de la cuisine de rue ou une démultiplication du modèle du panier pique-nique, popularisé par la Dinette Triple Crown.

Le Parc de la Petite-Italie est la terrasse naturelle pour les paniers picnic de la Dinette Triple Crown. Photo : Montreal Food Divas

Le Parc de la Petite-Italie est la terrasse naturelle pour les paniers picnic de la Dinette Triple Crown. Photo : Montreal Food Divas

Pour soutenir cette nouvelle typologie, des comptoirs de quartier pourraient servir de points de service à de multiples restaurateurs. Des partenariats avec des solutions locales de livraison pourraient être mis de l’avant.

4. Créer une vitrine pour les commerces de proximité

Il faut de manière générale réinventer l’organisation du commerce local, et trouver des manières stimulantes et plus humaines pour combattre les géants de la commande en ligne. Cela implique d’aider nos commerçants pour la transition technologique, mais également offrir une avenue plus humaine et attrayante. Une forme de “centre commercial local à ciel ouvert”.

Mettre en valeur les commerces locaux : le comptoir de quartier au fil de la journée ©La Pépinière

Mettre en valeur les commerces locaux : le comptoir de quartier au fil de la journée ©La Pépinière

La création de petites foires commerciales pourrait également devenir une vitrine pour des petits commerces locaux. Cela pourrait prendre la forme d’un grand lieu public avec de nombreuses places assises et un comptoir avec de multiples commerçants qui sont mis en valeur, comme la librairie du coin, le magasin de jouets pour enfants, le fleuriste. Autant de commerces qui créeront plus facilement du lien là où les gens sont. Une telle initiative serait complémentaire aux mesures d’achat local mises en place, permettant d’humaniser les nouvelles plateformes en ligne, et de concurrencer l’achat en ligne et les grandes surfaces regroupant ces offres sous un même toit.

5. Compter sur les acteurs et organismes du milieu pour valoriser et encadrer les lieux

Afin d’assurer l’application et le respect de certaines mesures sanitaires, les villes pourront compter sur le relai terrain de leurs acteurs locaux. Qui s’occupera de nettoyer les installations régulièrement? Distribuer le désinfectant au comptoir? Organiser les files et restreindre les concentrations trop fortes de personnes? Et qui pourra le faire tout en y ajoutant de l’attrait? Les acteurs du terrain pourront responsabiliser les usagers, créer une relation de confiance avec eux, instaurant un lien humain faisant clairement comprendre que les abus nuiraient à la liberté de tous.

Pour cela, les villes peuvent s’appuyer sur un réseau d’organismes gestionnaires d’équipements et d’espaces publics, ou sur les SDC. Les villes pourraient également mettre à profit une multitude de travailleurs des bibliothèques des piscines, dont le statut est incertain, afin de contribuer à l’animation et la gestion de ces espaces. Ou bien s’inspirer du programme de Places Éphémères de Québec,  qui délègue une part de la création et de l’entretien de places saisonnières à des acteurs du milieu. Ce programme a d’ailleurs été bonifié de 300 000$ cet été, en réponse justement au contexte du COVID. Il s’agit d’une reconnaissance de l’importance que joueront les espaces publics dans l’été que nous allons connaître.

L’Éphémère, place publique portée par l’organisme Pech Sherpa à Québec

L’Éphémère, place publique portée par l’organisme Pech Sherpa à Québec

Source : COVID-19 : 5 manières de favoriser la vitalité sociale, commerciale et culturelle de nos quartiers — La Pépinière

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